Article rédigé par Jojo a.k.a. Joseph Leroy.
“- Ô Grand Pachacutec, il faut faire quelque chose. Le peuple Inca n’a rien a glander, et si ça continue on va finir avec une civilisation d’assistés gorgés d’allocations.
- J’entend tes paroles, mon bon ministre. Bin on va leur faire construire une grande cité, dans un endroit bien chiant d’accès. Ça leur apprendra à ces faignasses. Et puis ce sera bon pour le tourisme, les gens viendront de partout pour voir ça. Y’en a même qui se taperont le trajet à pied au lieu de venir en bus, les blaireaux. “
Et bin cette fois, les blaireaux, c’est nous. Nous voilà donc partis pour quatre jours de marche le long du Chemin de l’Inca, un des sentiers secrets qui permettaient aux Incas de rejoindre le Machu Picchu à la barbe des Espagnols. Le chemin passe par de nombreux sites de ruines, et constitue un peu le clou du séjour au Pérou.
Jour 1 – ” ¡ Olà chicos !, enjoy di Inca trail. Today, das is bery easy”
Le minibus passe nous prendre, nous et nos sacs de 11kg, vers 6h30 du mat. On est rejoins par nos acolytes de trek, que nous avions rencontrés la veille pour la plupart, lors du briefing : Anna et Friedrik de Suède, Nicholaj de Danemark (ouéééé, pleins de vikings), Antonio et Lydia du Venezuela et le sifflotant Eduardo du Brésil. Nous serons guidés par Enrique, dont l’anglais est un peu particulier, et Herbert. Sans oublier les porteurs, ces petits gars d’1m50 qui portent 25 kilos et nous doublent sur le chemin, histoire de bien nous humilier…
Durant l’heure et demie de trajet qui nous sépare de notre point de départ, on se demande un peu à quelle sauce on va être mangés ; certaines sources nous ont dit que le trek était très difficile, d’autres que même un octogénaire anémique pourrait y arriver.
Une fois déposés au kilomètre 82, près d’un pont de corde, petite surprise : on va aussi porter nos matelats. Super.
Première “family picture” d’une longue série, et en route pour l’aventure !
Le marche de 5 heures jusqu’au campement de Llactapata n’est pas trop dure, (mais pas non plus “bery easy”, faut pas déconner, on est quand même à 3000m d’altitude). Les paysages fantastiques donnent de la motivation, et on croise sur le chemin quelques vestiges Inca.
Jour 2 – “Ok chicos, today, das is beeeeery difficult. Das is le Gringo Killer. Enjoy di Inca trail, because you know, das is boutifull”
On nous avait prévenu, le deuxième jour, on va en chier. Je confirme.
Réveil à 5h00. Au programme, un escalier de 1200 m jusqu’au col de Wuarmihuañusca, affecteusement surnommé “Dead Woman’s Pass”. Mais attention hein, pas un petit escalier bien entretenu avec des marches de la bonne hauteur. Non non non. Un escalier tout pourri, avec des marches qui glissent, qui sont soit trop grandes soit trop petites.
Bien sûr, lors des nombreuses pauses qui marqueront l’ascension de 5h, on a vraiment l’impression d’être accrochés à flanc de montagne. Ça me ferait presque chaud au coeur si j’avais pas dû le cracher durant la montée.
Une fois arrivés à Wuarmihuañusca (4200m), on prend un moment pour contempler les deux vallées, celle que l’ont vient de franchir et celle qui nous attend. Car oué, tu pensais quand même pas camper sur place, gringo. Faut redescendre jusqu’au campement de Pacaymayo. Encore des marches, avec le sac à dos qui tente de te pousser dans le ravin.
Arrivé au campement, je suis mort mais mon corps ne le sait juste pas encore. Po et Dai sont vachement plus en forme ; comprendre “ils tiennent encore debout”.
Jour 3 – “Ok chichos, today, das is the best day, the most boutifull. Because you know chicos, today we see maaany Inca sites.”
Aujourd’hui, c’est grasse mat’. Debout à 5h40. Wouhouu. Commence ensuite la plus longue marche du trek, 9h de route.
On nous avait annoncé cette journée comme la plus belle du trek, car on traverse de nombreuses ruines Incas vraiment impressionnantes (Runkurakay, Sayacmarca, Puyupatamarca). Malheureusement, le temps a décidé de faire des siennes, et on chemine dans la brume et les nuages. Le chemin en lui même est clair, mais les nuages forment des murs sur les côtés.
Du coup, pas de vue incroyable, mais un trajet complètement mystique. On a vraiment l’impression d’être passés dans le monde des Esprits, d’autant qu’on croise régulièrement des petits entassements de pierres dédiés aux esprits de la montagne et à la Pachamama (les croyances animistes persistent encore pas mal dans les montagnes du Pérou).
Enfin, arrivée à Wiñayhuayna. C’est la fète, ils proposent la première douche chaude du trek (à 5 soles quand même, y perdent pas le nord…). La soirée marque la fin du trek, on boit un coup, on a l’impression d’ètre enfin arrivés à destination. Demain, on est au Machu Picchu !
Jour 4 – “Ok chichos, welcome to Machu Picchu, the sacred city of zi Incas. Congratulations, nice to meet you chicos.”
Debout 3h30 du mat’. Ouch. En plus il pleut sec. Durant les deux heures de marche interminables qui nous séparent du Machu Picchu, on est pas content : on est trempés jusqu’au slip, et on voit rien.
Après avoir monté un escalier tellement raide qu’on le grimpe à quatre pattes, on arrive à la Porte du Soleil, la plus belle vue du Machu Picchu. Sauf qu’on voit rien à cause de la brume. La grosse blase. On continue notre chemin jusqu’à la cité, bien bien déçus.
Et là, enfin, le temps se dégage, et c’est la grosse grosse claque. Bien sûr, on a tous vu les photos, mais ça ne rend clairement pas justice au sentiment d’émerveillement une fois sur le site : la cité est tout bonnement perchée dans le vide. De tous les côtés, un gouffre cerclé de montagnes. Le tout combiné à l’architecture incroyable et, aussi, à la fierté de s’être tapé 40 bornes dans la jungle pour y arriver.
Une fois la visite achevée, on redescend vers le petit bled ferroviaire d’Agua Calientes, où notre groupe se sépare petit à petit. On est crevés, mais on a la certitude d’avoir vécu quatre jours d’exception.
Conclusion
Un voyage absolument incroyable, coupé du monde. L’effort physique est à chaque fois récompensé, par des paysages superbes et une excellente ambiance.
C’était tellement bien qu’en rentrant, je me refais les Indiana Jones et l‘intégrale des Cités d’Or.
Petit mot de Po pour Enrique et Herbert si vous nous lisez : we’ve enjoyed the Inca Trail, muchas gracias chicos
super….. encore des rêves et des images plein la tête … il fallait du courage et de bonnes jambes quand même … pour monter tout la haut …
et d’après ce que vous nous en avez montré ça valait le déplacement …. c’est grandiose ….
Pour Jojo les bonnes choses ont déjà une fin, bon retour dans la vie active …
tu pourras toujours continuer à rêver avec nous et avec les superbes photos que nous avons le plaisir de partager avec tous ceux qui viennent ici …
Bravo le narrateur … et le photographe et aussi bravo à ma fille … c’est la meilleure … lol … dit la maman …
Vous embrasse fort …
Chapeau d’avoir oser faire ce trip, les photos sont superbes
bisous et bonne continuation
c’est moi ou avant y’avais pas de Llama sur la photo principale ?
nous espérons que vous prenez le temps de vous reposer après de tels efforts…
nous sommes tout près de vous… dans nos coeurs…
tendresse
very very very impressive!c’est le star trekk!
Je comprends pourquoi Romain Gary les avait appelés “les mangeurs d’étoiles”. Même si ça n’a qu’un “lointain” rapport, on est vraiment très près du ciel. Je me demande si la nature ne s’est pas liguée avec le temps pour vous faire la surprise au bout du chemin. Magnifique! Merci pour ce voyage et bravo d’être allés au bout de vos envies.